Clés de lecture
Amen Fiat
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Cette page rassemble quelques questions qui peuvent se poser à la lecture de Questions et réponses sur la Divine Volonté : nature de l’ouvrage, sources utilisées, traductions, vie spirituelle, vocabulaire propre aux écrits de Luisa Piccarreta et place de ce travail dans l’Église.

Les réponses proposées ici ne remplacent pas les développements du livre. Elles aident seulement à s’y retrouver plus vite.

Partie I
Comprendre ce travail
Quel est le but de ce livre ?

Son but est d’ordonner et de rendre intelligibles les principaux enseignements contenus dans les écrits de Luisa Piccarreta, puis de les mettre en relation avec la foi catholique.

L’ouvrage ne veut donc pas remplacer le Livre du Ciel. Il cherche au contraire à y reconduire constamment le lecteur. C’est pourquoi chaque question comporte généralement une réponse brève, un développement, les textes de Luisa en français et en italien, une articulation avec la doctrine catholique et une formule synthétique à retenir.

Les 214 questions ne prétendent pas enfermer l’immense matière des écrits de Luisa. Il se présente lui-même comme un instrument d’étude permettant de mieux entrer dans ces textes et de continuer à les lire directement.

À qui s’adresse-t-il ?

Il s’adresse d’abord aux personnes qui connaissent déjà, au moins un peu, les enseignements sur la Divine Volonté et désirent en acquérir une compréhension plus ordonnée.

Un débutant peut cependant l’utiliser. Deux livrets autonomes sont proposés au téléchargement : la version condensée des 214 questions, suivie de l’intégrale des Formules à retenir ; et le guide pratique Vivre dans la Divine Volonté, qui prolonge la doctrine dans le concret et s’accompagne d’un florilège de textes du Livre du Ciel.

L’ouvrage complet est davantage destiné à celui qui veut comprendre pourquoi une affirmation est avancée, retrouver les textes de Luisa qui la fondent et voir comment elle s’articule avec la foi catholique.

Pourquoi avoir choisi une présentation en questions et réponses ?

Parce qu’une matière aussi vaste devient plus accessible lorsqu’elle est décomposée en questions précises.

La forme permet aussi de distinguer plusieurs niveaux : une réponse brève pour saisir immédiatement l’essentiel ; un développement pour entrer dans le raisonnement ; les textes sources pour vérifier ; puis l’articulation catholique pour situer l’enseignement reçu de Luisa dans le cadre plus large de la foi.

Pourquoi le titre a-t-il changé ?

Il s’est d’abord appelé Catéchisme Amen Fiat de la Divine Volonté. Le mot y était employé dans un sens analogique et pédagogique : une matière vaste exposée méthodiquement sous forme de questions et réponses. Il n’a jamais signifié qu’il s’agissait d’un catéchisme officiel de l’Église, ni que ce livre parlerait au nom de celle-ci.

Mais un titre ne se lit pas toujours comme on l’a voulu. Celui-là pouvait laisser croire à une autorité que ce travail ne revendique pas, et c’est pour écarter ce malentendu qu’il a été abandonné. Il porte désormais le nom de ce qu’il est : Questions et réponses sur la Divine Volonté.

Rien d’autre n’a changé. C’est un ouvrage privé. Il ne prétend ni enseigner au nom de l’Église, ni attribuer aux enseignements propres de Luisa le statut du dépôt de la foi. Il reconnaît expressément qu’une révélation privée demeure soumise au jugement de l’Église et qu’elle n’ajoute rien à la Révélation publique accomplie définitivement dans le Christ. Il se décrit lui-même comme un travail provisoire, « le fruit d’une lecture, non d’une autorité ».

Quelle autorité possède alors cet ouvrage ?

Il possède celle que peuvent avoir les arguments et les sources qu’il présente — pas davantage.

Le lecteur n’est jamais invité à croire une proposition simplement parce que « le livre le dit ». Il peut revenir aux textes de Luisa, à leur texte italien, à l’Écriture, au Catéchisme de l’Église catholique et aux références magistérielles indiquées.

L’ouvrage se reconnaît donc faillible et perfectible. Cette réserve n’affaiblit pas son désir d’affirmer clairement ce qu’il estime établi ; elle distingue simplement le travail d’un auteur privé du jugement propre de l’Église.

Les enseignements de Luisa appartiennent-ils au dépôt de la foi ?

Ils ne lui appartiennent pas en tant que révélation nouvelle.

Le Catéchisme de l’Église catholique enseigne que les révélations privées, même lorsqu’elles sont authentiques, n’ont pas pour fonction de compléter la Révélation définitive du Christ, mais peuvent aider à la vivre plus pleinement à une certaine époque de l’histoire (CEC 67).

C’est pourquoi ce travail pose comme règle de lecture : « Rien de ce qui suit ne prétend ajouter au dépôt de la foi. » Les enseignements de Luisa doivent être reçus à l’intérieur de la foi chrétienne, jamais comme une autorité parallèle ou supérieure.

Partie II
Sources, traductions et méthode
Pourquoi l’ouvrage rapproche-t-il constamment Luisa de l’Écriture et de la doctrine de l’Église ?

Parce que ce rapprochement permet de situer, de distinguer et d’éclairer.

L’« articulation catholique » qui accompagne la plupart des questions ne veut pas faire dire à l’Église qu’elle enseigne déjà toutes les formulations propres à Luisa. Elle cherche plutôt à déterminer les vérités catholiques dans lesquelles celles-ci doivent demeurer intelligibles : distinction entre Dieu et la créature, primauté de la grâce, liberté humaine, sacrements, Croix, communion ecclésiale, espérance chrétienne.

La doctrine reçue de l’Église fonctionne donc comme norme d’interprétation, non comme simple décoration ajoutée aux citations de Luisa.

À partir de quelles sources l’ouvrage cite-t-il Luisa ?

Le travail est mené à partir d’une transcription italienne des écrits de Luisa. Chaque citation importante est contrôlée volume par volume et date par date, et l’italien est reproduit afin que le lecteur puisse lui-même revenir au texte utilisé comme référence de travail.

Il faut cependant distinguer une transcription d’une édition typique et critique établie sous l’autorité ecclésiale. C’est précisément une telle édition que l’autorité compétente a demandé d’établir. Selon le communiqué officiel du Postulateur du 10 août 2024, elle sera « l’unique édition officiellement reconnue par l’Autorité ecclésiastique » et devra devenir la référence pour les groupes de la Divine Volonté.

La méthode actuelle — contrôle de l’italien, indication systématique du volume et de la date, reproduction du texte source — ne remplace donc pas une édition critique, et l’ouvrage ne le prétend pas. Lorsque l’édition typique sera disponible, elle constituera naturellement la référence à laquelle ce travail devra être confronté.

Pourquoi reproduire l’italien à côté du français ?

Pour que la traduction ne devienne pas un écran entre Luisa et le lecteur.

Le texte italien permet de contrôler un mot important, une construction, une image ou la portée exacte d’une expression particulièrement forte. Il permet aussi de constater lorsqu’un terme italien possède un champ de sens plus large ou différent de son équivalent français.

C’est pourquoi l’ouvrage donne normalement la traduction française puis l’italien correspondant, avec le volume et la date du passage.

Comment les autres éditions linguistiques ont-elles été établies ?

L’ouvrage a été rédigé en français. Sa prose propre est donc traduite du français vers les autres langues.

Cela doit être distingué des paroles de Luisa : celles-ci sont référées au texte italien utilisé pour le travail source. Les traductions du commentaire et les citations de Luisa ne relèvent donc pas exactement du même processus.

Comme toute traduction humaine, ces éditions peuvent encore être affinées lorsqu’un choix lexical apparaît ambigu ou qu’un meilleur équivalent est trouvé.

Une traduction des écrits de Luisa peut-elle être perfectible ?

Bien sûr.

Certains mots italiens possèdent une histoire spirituelle, une nuance affective ou un usage ancien qu’un équivalent moderne peut mal rendre. D’autres expressions prennent leur sens à partir de plusieurs passages et non d’un dictionnaire isolé.

Une traduction sérieuse doit donc demeurer révisable. C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles l’ouvrage conserve l’italien et indique les références précises : une traduction est une médiation ; le texte source demeure le point de contrôle.

Comment lire les expressions de Luisa qui semblent très fortes ou déroutantes ?

Il faut éviter deux excès : les affaiblir d’avance parce qu’elles surprennent, ou les isoler de leur contexte et les prendre dans leur sens le plus brut.

L’Annexe E a justement été conçue pour les passages les plus difficiles. Sa méthode consiste à regarder ce que le texte dit réellement, ce qu’il ne dit pas, puis à rechercher la grammaire théologique catholique qui permet de l’interpréter correctement.

Le langage mystique utilise volontiers des expressions absolues, nuptiales, paradoxales ou analogiques. Il demande donc une lecture attentive des séries de textes plutôt qu’une théologie construite à partir d’une phrase isolée.

Partie III
Entrer et grandir dans la Divine Volonté
Faut-il avoir lu les trente-six volumes avant de commencer ?

Non. Les connaissances sont importantes, mais la vie spirituelle n’attend pas que l’on soit devenu spécialiste.

L’ouvrage distingue justement l’entrée initiale dans le Fiat et l’établissement progressif dans cette vie. L’âme commence par donner sincèrement sa volonté à Dieu et appeler la Divine Volonté dans ses actes. Elle grandit ensuite en connaissance, en fidélité et en dépouillement.

La lecture du Livre du Ciel accompagne cette croissance ; elle n’est pas un examen préalable qu’il faudrait réussir avant de pouvoir commencer.

Par où commencer concrètement ?

Par quelque chose de très simple : offrir sa volonté à Dieu et lui demander que sa Divine Volonté prenne la première place dans ce que l’on va penser, dire et faire.

L’ouvrage propose notamment l’acte préalable du matin, par lequel l’âme fixe son intention de vivre la journée dans le Divin Vouloir, puis les actes actuels, par lesquels elle renouvelle cette attention au fil de ses occupations.

Il vaut mieux commencer avec fidélité dans les petites choses que chercher immédiatement à multiplier les pratiques.

Faut-il être déjà très avancé spirituellement pour commencer ?

L’accueil initial du Don peut être très simple ; son établissement stable est autre chose.

L’ouvrage insiste précisément sur cette distinction. Donner sincèrement sa volonté ouvre immédiatement l’âme à l’action du Fiat ; mais entre cette entrée et une possession pleinement formée « s’étend un long chemin » de fidélité, de dépouillement et de mort au vouloir propre.

Il n’y a donc ni élitisme spirituel qui réserverait l’entrée à quelques parfaits, ni raccourci qui dispenserait ensuite de toute transformation intérieure.

Quelle place gardent les vertus, l’ascèse et le dépouillement de soi ?

Une place essentielle.

L’ouvrage affirme que la sainteté des vertus n’est pas rejetée par celle du Fiat : elle est « concentrée, consommée et amenée à son terme ». Jésus conduit d’ailleurs Luisa elle-même à travers l’obéissance, la patience, la souffrance et l’exercice des vertus avant de lui manifester plus pleinement le vivre dans son Vouloir.

La nouveauté ne consiste donc pas à vivre sans vertus, mais à laisser la Divine Volonté purifier jusque dans leurs motivations les plus profondes ce que l’effort humain peut encore mêler d’amour-propre ou de recherche de soi.

Comment les enseignements de Luisa s’articulent-ils avec les voies purgative, illuminative et unitive ?

L’ouvrage n’a pas utilisé ces trois expressions classiques comme charpente explicite de son plan. Les réalités qu’elles désignent y sont cependant bien présentes.

La purification apparaît dans la mort au vouloir propre, le dépouillement, les vertus et la purification des intentions. L’illumination se manifeste notamment dans les connaissances de la Divine Volonté et dans la « science infuse », décrite comme une lumière intérieure. L’union traverse les mariages mystiques de Luisa, l’échange des cœurs et toute la doctrine de la participation à la Vie divine.

La terminologie traditionnelle offre donc une lumière utile pour situer le parcours décrit dans les écrits de Luisa, sans qu’il soit nécessaire de faire correspondre artificiellement chaque expression ou chaque degré de Luisa à l’une des trois voies.

Quelle place les sacrements gardent-ils dans la vie de la Divine Volonté ?

Ils ne deviennent jamais superflus.

La justification vient entièrement de la grâce du Christ : elle est reçue au Baptême et, lorsqu’elle est perdue, restaurée par la Réconciliation. L’Eucharistie nourrit et accroît l’union au Christ.

L’ouvrage présente la grâce sanctifiante et la vie sacramentelle non comme un étage inférieur que le Fiat ferait disparaître, mais comme la vie chrétienne elle-même dans laquelle le Don doit croître. « Le Don ne s’y substitue jamais, il la suppose et la couronne. »

Quelle place ont les rondes, les Vingt-Quatre Heures de la Passion et les autres prières ?

Elles ne sont pas des techniques nécessaires pour « faire fonctionner » la Divine Volonté.

Les rondes expriment la réponse d’amour de l’âme aux œuvres de Dieu : elle parcourt la Création, la Rédemption et la Sanctification pour reconnaître l’action du Fiat, y déposer son « je t’aime », remercier, adorer et demander le Royaume.

Les Vingt-Quatre Heures de la Passion approfondissent quant à elles l’union à l’œuvre rédemptrice de Jésus et la réparation.

Le Rosaire, la liturgie, l’adoration et les autres formes authentiques de prière chrétienne ne sont pas mises en concurrence avec ces pratiques. Tout peut être vécu dans la Divine Volonté.

Partie IV
Le vocabulaire des écrits de Luisa
Que signifie le mot « Fiat » ?

Fiat signifie littéralement « qu’il soit fait ».

Dans les écrits de Luisa, le mot peut désigner la parole efficace du Vouloir divin — le Fiat créateur, rédempteur ou sanctificateur — et, par extension, cette Divine Volonté elle-même considérée dans son opération.

C’est pourquoi l’ouvrage emploie souvent « le Fiat » pour désigner synthétiquement le Don et l’action de la Divine Volonté, sans en faire une réalité séparée de Dieu.

Que signifie « se fondre » dans la Divine Volonté ?

La fusion ne signifie jamais disparition de la personne humaine ni confusion entre Dieu et la créature.

Elle désigne le don libre par lequel l’âme cesse de faire de sa volonté propre le premier principe de son agir et demande à la Divine Volonté de régner dans ses actes.

L’ouvrage insiste sur ce point : ce qui doit « mourir » n’est pas la faculté humaine de vouloir, encore moins la personnalité, mais l’initiative propre lorsqu’elle s’érige contre Dieu. La volonté humaine demeure réelle et libre.

Qu’est-ce que l’acte unique de la Divine Volonté ?

Le Livre du Ciel ne présente pas la Divine Volonté comme une succession d’actions comparables aux nôtres.

Son acte est unique, immense et éternel : Création, Rédemption et Sanctification ne sont pas en Dieu trois opérations morcelées comme elles apparaissent successivement dans notre histoire.

Lorsque l’âme entre dans le Fiat, elle est introduite par participation dans cet acte qui la dépasse infiniment. Cela ne la rend pas éternelle ou divine par nature ; cela signifie que Dieu peut faire participer son acte créé à une opération dont la source demeure en Lui.

Que signifie l’expression « acte divin » ?

Le langage appartient aux écrits de Luisa eux-mêmes. Il exprime l’action du Fiat reçue dans un acte humain.

L’acte demeure réellement celui d’une créature libre ; il ne devient pas un acte de l’essence divine au sens propre. Mais la Divine Volonté peut y communiquer son mode opératif et ses effets selon la participation que Luisa décrit.

La distinction fondamentale demeure donc : Dieu agit réellement ; la créature agit réellement ; elle ne devient jamais Dieu par nature.

C’est dans ce cadre qu’il faut comprendre les passages où Jésus parle d’actes humains « confirmés par Dieu comme actes divins ».

Que signifie l’expression « Vies Divines » ?

C’est l’un des langages les plus audacieux du Livre du Ciel, et il ne faut pas l’affaiblir.

Jésus rapproche lui-même l’acte fait dans la Divine Volonté de la consécration eucharistique. Il dit à Luisa qu’il consacre l’âme comme une hostie privilégiée, répétant sur elle les paroles de la Consécration (vol. 12, 20 juin 1918). Ailleurs il va plus loin : la matière de l’hostie subit la transsubstantiation de la Vie divine, et « ainsi en advient-il de l’âme » (vol. 23, 2 octobre 1927).

De là vient le langage de multiplication, qu’il faut recevoir tel qu’il est donné :

« Si elle fait dix actes dans ma Volonté, dix fois elle me multiplie ; si elle en fait vingt, cent, mille et davantage, d’autant je demeure multiplié. Il en va comme dans la consécration sacramentelle : autant d’hosties on dispose, autant de fois je demeure multiplié. La différence est que dans la consécration sacramentelle j’ai besoin des hosties pour me multiplier et du prêtre qui me consacre ; dans ma Volonté, pour demeurer multiplié, j’ai besoin des actes de la créature. »

Livre du Ciel, vol. 14, 24 mars 1922

L’acte ne demeure pas non plus sur la terre. Il monte, et le Ciel s’en saisit : la créature est montrée devant toute la Cour céleste (vol. 33, 19 novembre 1933), et son acte fait lever un soleil qui porte adoration, action de grâces et gloire à tous les habitants de la patrie divine (vol. 35, 14 décembre 1937).

Reste la seule chose que ce langage ne dit pas : l’essence divine n’est pas multipliée, et aucune pluralité de dieux n’est produite. L’analogie eucharistique donne ici sa propre mesure. Le Christ est réellement présent et réellement multiplié dans les hosties consacrées, sans que son unité ni sa simplicité en soient atteintes. Il en va de même des actes accomplis dans la Divine Volonté : ce que Jésus y décrit est réel, et cette réalité laisse Dieu un, simple et indivisible.

Que signifie la « bilocation » de la Divine Volonté ?

Il ne s’agit pas d’une division de Dieu.

Dans le vocabulaire de Luisa, la Divine Volonté peut régner en Dieu et, sans cesser d’être l’unique Volonté divine, régner aussi dans l’âme et y prier, aimer et agir « avec ses modes divins ». C’est ce que les textes nomment sa bilocation.

L’expression cherche donc à tenir ensemble deux vérités : Dieu ne se divise jamais ; pourtant sa présence et son opération dans la créature sont réelles.

Comment comprendre les quatre degrés décrits dans l’image du soleil du 26 juillet 1926 ?

Dans ce passage du volume 19, Jésus compare quatre personnes qui entretiennent des rapports différents avec la lumière du soleil : l’une y demeure à peine exposée, une autre davantage, une troisième en reçoit largement les effets, et la dernière vit comme immergée dans sa lumière.

« L’image de ces personnes, ce sont les quatre degrés de la vie dans ma Volonté. »

Livre du Ciel, vol. 19, 26 juillet 1926

Mais le texte ajoute immédiatement qu’il y aura une « différence de degrés » selon ce que les créatures voudront recevoir, et que les premiers degrés seront des « élans et des chemins » pour parvenir au dernier.

Les quatre degrés désignent donc les grandes positions figurées par cette comparaison précise ; ils ne constituent pas un inventaire de toutes les mesures possibles de grâce, de connaissance ou de sainteté.

Comment la croissance se poursuit-elle à l’intérieur de la vie dans le Fiat ?

Elle n’a pas de terme.

L’ouvrage consacre une question entière à l’« acte toujours croissant ». Dans le volume 29 du 2 juillet 1931, Jésus explique que Dieu ne plaça dans l’homme aucun acte déterminé ni aucun terme, mais un acte appelé à croître continuellement.

D’autres passages parlent de nouveaux degrés de grâce, d’amour, de sainteté, de Vie divine et de gloire. Les connaissances elles-mêmes agrandissent la capacité de l’âme : nouveaux « ciels », nouveaux « soleils », nouvelles « mers ».

Il faut donc tenir ensemble deux choses : une âme peut réellement être établie dans le Fiat, et sa participation au Bien infini de Dieu peut cependant continuer à grandir toujours.

Comment comprendre la grâce dans les enseignements de Luisa ?

Il faut distinguer plusieurs niveaux sans les opposer.

La grâce sanctifiante reçue au Baptême est déjà une participation véritable à la Vie divine. Les grâces actuelles sont les secours par lesquels Dieu agit et appelle dans les circonstances concrètes.

Lorsque Luisa parle de la Divine Volonté communiquant sa Vie à l’âme, l’ouvrage maintient un garde-fou essentiel : participation, et non essence. La Divine Volonté demeure incréée ; la créature reçoit par grâce une participation à la Vie de Dieu tout en demeurant entièrement créature.

Que signifie l’« amour de complaisance » — amore di compiacimento ?

Dans le passage du 23 mars 1931, Luisa emploie l’expression italienne amore di compiacimento.

Le mot complaisance doit ici être compris dans son sens spirituel classique : se complaire dans un bien, s’en réjouir, reconnaître avec amour ce que Dieu accomplit. Il ne s’agit donc pas de suffisance ou d’autosatisfaction.

Certaines langues modernes rendent plus difficile cette nuance — notamment l’anglais complacency, qui peut spontanément évoquer la satisfaction de soi. Dans ce cas, une traduction explicative peut être préférable au calque littéral.

Pourquoi Luisa emploie-t-elle parfois des expressions si fortes sur la nouveauté de la sainteté dans la Divine Volonté ?

Parce que ses écrits veulent manifester une nouveauté propre du mode d’opération attribué au Fiat dans la créature.

Cette nouveauté ne doit pourtant jamais être comprise comme un mépris des saints, des vertus ou de toute la tradition spirituelle antérieure. L’ouvrage affirme expressément que la sainteté des vertus n’est pas rejetée : elle est reprise, concentrée et portée à son accomplissement.

Il faut donc éviter deux réductions opposées : affaiblir les expressions de Luisa jusqu’à leur retirer toute nouveauté propre ; ou les interpréter comme si toute sainteté antérieure était devenue inférieure, vaine ou dépassée.

La nouveauté revendiquée par ces textes doit demeurer à l’intérieur de l’unique sainteté chrétienne et de l’appel universel à la perfection de la charité.

Partie V
Lire Luisa et l’ouvrage dans l’Église
Où en est aujourd’hui le discernement ecclésial concernant Luisa Piccarreta ?

En 2019, des ambiguïtés théologiques, christologiques et anthropologiques avaient été signalées dans ses écrits. Le communiqué officiel du Postulateur, Mgr Paolo Rizzi, précise que ces ambiguïtés « n’étaient pas en elles-mêmes des erreurs doctrinales » mais demandaient un approfondissement.

Après les réponses de la Postulation, accompagnée par un théologien expert en mystique, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a conclu qu’on ne relevait pas, dans les écrits et la pensée de Luisa, d’affirmations « manifestement contraires à la doctrine de l’Église » et a délivré en juin 2024 le nihil obstat pour la reprise de la Cause. Celui-ci a été formellement notifié par le Dicastère pour les Causes des Saints le 8 juillet 2024.

Les informations officielles plus récentes indiquent que la Cause poursuit son chemin et que le travail sur l’édition typique est en cours.

Que signifie le nihil obstat de 2024 ?

Il signifie que l’examen doctrinal des écrits est fait, et qu’il est favorable.

Ce n’est pas une formule d’attente. Le Dicastère pour la Doctrine de la Foi — l’organe compétent de l’Église en cette matière, et nul autre — a examiné les écrits de Luisa et conclu qu’on n’y relève pas d’affirmations manifestement contraires à la doctrine de l’Église. Les ambiguïtés signalées en 2019 avaient déjà été qualifiées, dans le communiqué officiel, comme n’étant pas en elles-mêmes des erreurs doctrinales ; les clarifications demandées ont été apportées et reçues. L’obstacle est levé.

Il faut mesurer ce que cela veut dire pour la suite. Dans une cause de béatification, l’examen doctrinal des écrits constitue une étape distincte. Elle est franchie. Ce qui demeure devant nous — la reconnaissance des vertus héroïques, puis le miracle — ne porte plus sur la doctrine contenue dans ces écrits. De ce côté, l’Église a dit ce qu’elle avait à dire.

Il faut aussi savoir lire ce que l’Église ne dit pas. Elle ne déclare pas l’origine surnaturelle de ces communications — mais ce silence n’est pas une réserve visant Luisa. Depuis les Normes de 2024, l’Église ne se prononce en règle générale sur le caractère surnaturel d’aucun phénomène, même lorsqu’elle accorde son appréciation la plus favorable. Ce n’est pas une prudence à l’égard de Luisa : c’est sa manière ordinaire de procéder désormais.

L’édition typique et critique demandée ensuite va dans le même sens. Ses notes doivent éclairer les expressions susceptibles d’interprétations erronées : elles visent les lectures fautives qui ont circulé, non le texte. On n’entoure pas ainsi de soin un écrit dont on se défierait.

Ce qui reste vrai, et que ce livre rappelle pour son propre compte : aucun de ces actes ne garantit telle ou telle interprétation particulière des écrits, la sienne comprise.

Pourquoi l’édition typique et critique attendue est-elle si importante ?

Parce qu’elle doit établir le texte ecclésialement reconnu des écrits.

Le communiqué du Postulateur précise que la poursuite de la Cause doit nécessairement être accompagnée de cette édition, réalisée par l’acteur de la Cause sous la vigilance de l’archevêque de Trani-Barletta-Bisceglie. Elle devra comporter une introduction et des notes destinées notamment à éclairer les expressions susceptibles d’interprétations erronées. Elle sera l’édition officiellement reconnue et la référence pour les groupes de la Divine Volonté.

L’ouvrage reconnaît cette situation : son travail actuel repose sur une transcription italienne et demeure appelé à être confronté à cette future édition lorsqu’elle sera disponible.

Quelle place les prêtres ont-ils dans la transmission de la Divine Volonté ?

Une place propre et importante.

Le Livre du Ciel parle explicitement de la formation de prêtres appelés à connaître et transmettre les vérités du Royaume. L’ouvrage consacre d’ailleurs une question spécifique à cette mission et une partie entière à l’Église, aux sacrements et à l’obéissance.

La spiritualité de la Divine Volonté n’a donc pas vocation à se construire en dehors de la vie ecclésiale ou indépendamment des pasteurs. Le communiqué de 2024 demande lui-même que sa diffusion s’insère harmonieusement dans la vie des Églises locales.

Comment accueillir d’éventuelles précisions ou corrections futures de l’Église ?

Avec simplicité.

Une édition critique peut préciser une transcription, restaurer un contexte, corriger une ponctuation ou aider à comprendre différemment une expression. L’autorité ecclésiale peut aussi demander qu’une interprétation soit reformulée ou abandonnée.

Une telle évolution ne devrait pas être vécue comme une menace. Si le but est réellement de recevoir ce que Dieu veut donner à travers ces écrits, alors mieux les comprendre est un bien.

L’ouvrage s’est précisément voulu provisoire en ce sens : il cherche à dire avec force ce qu’il estime pouvoir établir aujourd’hui, tout en reconnaissant qu’il devra se confronter loyalement aux déterminations futures de l’Église.

Pourquoi l’ouvrage se dit-il « faillible et perfectible » ?

Parce que la reconnaissance de ses limites appartient à son statut.

« Faillible » ne signifie pas que tout y serait douteux ou interchangeable. Cela signifie simplement qu’aucune assistance divine particulière ne garantit chacune des formulations de l’auteur.

« Perfectible » signifie que de meilleures traductions, de nouveaux rapprochements entre textes ou de futures indications ecclésiales peuvent permettre d’exprimer plus exactement une vérité déjà perçue.

Il cherche donc une position simple : ne rien affaiblir par peur de ce que disent les textes, mais ne jamais revendiquer une autorité qu’il ne possède pas.

Vous avez une question ?

Une question sur l’ouvrage, les sources utilisées ou un enseignement des écrits de Luisa n’est pas abordée ici ? Vous pouvez nous l’envoyer ci-dessous.

Les questions susceptibles d’être utiles à d’autres lecteurs pourront être intégrées progressivement à cette page.

Renseignez-la uniquement si vous souhaitez une réponse personnelle. Elle ne sert qu’à cela et n’est ajoutée à aucune liste de diffusion.

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